Comment l’automatisation redéfinit-elle les débuts de carrière ?

La génération Z stimule l’adoption de l’IA tout en subissant de plein fouet ses effets. Leur aisance technologique leur donne un avantage, mais l’automatisation déstabilise les parcours professionnels traditionnels, supprimant les rôles qui servaient autrefois de tremplin vers le marché du travail.
En Belgique, notre Guide des salaires 2026 de Hays révèle un marché du travail en pleine transition. Avec 93 % des employeurs confrontés à une pénurie de compétences et 68 % s’attendant à ce que cela se poursuive, les organisations sont sous pression pour repenser la manière dont elles attirent et développent les talents en début de carrière. Et même si 71 % prévoient d’augmenter les salaires, la plupart de ces hausses restent modestes, tandis que plus de la moitié des professionnels envisagent de changer d’emploi en 2026. Cette mobilité reflète une main-d’œuvre avide de progression, mais qui évolue dans un marché où l’automatisation transforme les rôles juniors plus vite que les entreprises ne peuvent les réinventer.
Les employeurs belges recherchent de plus en plus des jeunes talents capables de contribuer au-delà des tâches « de premier échelon ». L’automatisation accélère cette évolution. Les tâches routinières disparaissent, mais les organisations ont toujours besoin de juniors capables de vérifier les résultats produits par l’IA, de gérer la qualité des données et de faire preuve de pensée critique.
Mais la génération Z ne fait pas que rivaliser avec l’IA : elle peine aussi à travailler à ses côtés. Une faible maîtrise de l’IA fait que seulement 56 % des jeunes travailleurs se sentent capables de rédiger de bons prompts. Plus inquiétant encore, une dépendance excessive à l’IA affaiblit les compétences humaines : les « sur-utilisateurs » montrent des capacités réduites en résolution de problèmes et en pensée critique. 2025 a été l’année où la génération Z a dû concurrencer l’IA. 2026 doit être celle où elle apprend à collaborer avec elle. Ce changement nécessite l’action de deux acteurs clés :
Les institutions éducatives doivent refléter la réalité du monde du travail
Alors que la plupart des organisations encouragent l’usage de l’IA pour stimuler la productivité et l’innovation, le système éducatif semble décalé.
Dans une enquête menée auprès de près de 3 500 jeunes travailleurs, seuls 7 % s’attendaient à être découragés d’utiliser l’IA en entreprise. Dans un contexte éducatif, ce chiffre grimpe à 21 %. Les apprenants d’aujourd’hui ne sont pas préparés aux compétences et à la compréhension nécessaires pour prospérer dans un environnement professionnel façonné par l’IA.
Il ne s’agit pas de préserver des rôles dépassés, mais de redéfinir les débuts de carrière. L’IA reste un outil. Les résultats doivent toujours être vérifiés, les données sélectionnées et les questions éthiques traitées. Ce sont là les opportunités qui attendent la prochaine génération.
Ce qu’il faut retenir pour la suite
- Élever, pas seulement éliminer : à mesure que l’IA absorbe certaines tâches, redéfinir les rôles juniors pour y intégrer du travail à plus forte valeur ajoutée, nécessitant créativité et collaboration.
- Développer une sagesse de l’IA, pas seulement une maîtrise technique : les talents les plus performants sauront non seulement utiliser l’IA, mais aussi quand lui faire confiance, quand la remettre en question et quand s’en passer.